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    Quel point commun entre un plan efficace de prévention de la canicule orchestré entre la commune et les bailleurs sociaux présents sur son territoire ? Entre production d’eau et smart grids ? Ce sont de nouveaux services qui peuvent être mis en oeuvre à l’échelle du territoire, sans investissement en infrastructure, en orchestrant efficacement la collaboration et donc les échanges de données entre les différentes parties prenantes. Un nouveau rôle pour les élus ? 

     

    Face à un environnement toujours plus complexe, l’élu est contraint de s’adapter. Les attentes à son égard évoluent, mais les outils dont il dispose aussi. Avec la data, il peut optimiser l’impact des politiques publiques à condition de faire évoluer son approche de son rôle et de ses missions.

    L’élu bâtisseur a vécu

     

    Côté pile, un enjeu de prestige et d’image pour une ville ou une région. Côté face, une question d’ego et de postérité. La tradition des élus bâtisseurs est tenace et ne manque pas d’exemples, comme la monumentale Bibliothèque François-Mitterrand à Paris ou le quartier Antigone de Georges Frêche à Montpellier. Grand stade, nouvelle ligne de tramway, centre commercial de grande envergure, nouveau bâtiment administratif à l’allure contemporaine : tous ces projets répondent à de hautes ambitions voire à des besoins pour le territoire, mais ils correspondent aussi à un logiciel ancien.

     

    D’abord parce qu’à l’heure de la baisse des dotations de l’État pour les collectivités et de la forte pression de la fiscalité locale sur les citoyens, la population ne signe plus un chèque en blanc aux élus pour financer à coups de millions d’euros des équipements dont ils ne perçoivent pas toujours le retour sur investissement.

    Ensuite parce que le niveau d’équipement des métropoles et même des villes moyennes a atteint une certaine maturité. Voire un trop-plein. Les centres commerciaux qui aimantent les flux à la sortie des agglomérations nuisent par exemple à la santé du commerce de centre-ville, lorsqu’ils ne sont pas eux-mêmes en situation d’échec en raison d’une fréquentation trop basse. Et on ne compte pas les enceintes sportives et culturelles sous-utilisées, dont les coûts de fonctionnement cannibalisent le budget des intercommunalités. Quant aux nuisances causées par les grands travaux, elles provoquent un ras-le-bol qui incite de nombreux élus locaux à lever le pied sur les permis de construire à l’approche des échéances électorales…

     

    Preuve de la matière inflammable que constituent les grands projets pour une collectivité locale, à la fois sur le plan du budget et de la relation avec les administrés.

     

    Vers un modèle B2B2C 

     

    Aujourd’hui, l’élu local n’est plus attendu comme le leader du territoire dont on espère qu’il apporte de nouvelles réalisations pour étoffer le paysage urbain. Citoyens et acteurs économiques recherchent davantage en lui le manager qui va s’appuyer sur les atouts et les compétences du territoire pour répondre aux grands enjeux économiques et sociétaux : l’emploi, l’éducation, le pouvoir d’achat et le développement durable en tête.

     

    L’action publique ne peut pas se résumer à des investissements visibles et une gestion en bon père de famille. La gouvernance territoriale doit s’aligner sur les attentes des citoyens pour apporter un impact concret dans leur quotidien. Elle doit répondre à la fois aux préoccupations des habitants et des entreprises pour dessiner un développement vertueux.

     

    Les politiques locales peuvent s’appuyer sur les agents territoriaux, mais pas seulement. C’est également à travers la collaboration avec les acteurs économiques qu’une collectivité peut élargir son champ d’action et atteindre plus efficacement le citoyen. Si l’on dresse le parallèle avec une entreprise privée, cela revient à passer d’un modèle B2C à un modèle B2B2C.

    Cette approche valorise à la fois l’action publique auprès du citoyen et les entreprises du territoire qui participent à ce schéma. Elle permet donc d’inclure dans une même équation les trois composantes majeures à l’échelon local – habitants, entreprises et collectivité – mais aussi de répondre à une autre problématique : le coût.

     

    En s’appuyant sur des bailleurs sociaux, des fournisseurs d’énergie ou ses délégataires, l’élu dispose de leviers concrets pour atteindre ses administrés sans avoir à mobiliser un budget conséquent pour créer un nouveau service ou une nouvelle structure qui nécessiterait un fort investissement de départ et générerait des coûts de fonctionnement supplémentaires pour la collectivité.

     

    Quelle stratégie pour impulser le développement local ?

     

    Y-a-t-il une ressource déjà disponible, inexploitée mais accessible sur laquelle l’élu pourrait s’appuyer pour améliorer le quotidien de ses citoyens et la performance de ses acteurs économiques ?

    La donnée, et sa gestion efficace pendant tout le cycle de vie de ses actifs et équipements.

    Tous acteurs confondus – collectivité, entreprises, DSP, concessionnaires, citoyens, bailleurs sociaux, etc. -, un territoire produit une multitude de données, mais n’a que rarement la culture numérique pour l’exploiter et la valoriser de manière optimale.

     

    C’est ici qu’intervient une plateforme de données : pour automatiser la collecte et les échanges d’informations, les rendre intelligibles et les mettre à disposition du plus grand nombre d’acteurs afin d’en tirer un bénéfice pour les administrés. Et ce, en sécurisant son autonomie et sa souveraineté numérique. La plateforme de données s’inscrit dans une démarche smart city, stratégie territoriale mettant à profit la data pour impulser une politique réellement transversale au niveau local. Elle permet à l’élu d’adopter une approche réellement centrée sur le citoyen en mobilisant des données stratégiques trop souvent inexploitées.

    Une démarche smart city demande une bonne dose de pragmatisme : l’idée est d’utiliser la capacité disponible pour toucher le citoyen.

     

    Quelques exemples concrets : grâce à des échanges de données en temps réel et en toute transparence entre le bailleur social et la DSP du réseau de chaleur, la collectivité territoriale peut agir sur le confort thermique des occupants.

    En obtenant les données de température intérieur des immeubles, elle peut faciliter la mission de prévention de la canicule de son CCAS.

    En connectant plus efficacement les échanges de données entre production, distribution et consommateurs finaux d’eau, elle peut améliorer la qualité de service et l’efficacité du service d’eau potable. Et en reliant la production d’eau, poste extrêmement consommateur en énergie, et les opérateurs locaux de distribution et de production d’énergie, elle peut impulser sa stratégie de smart grids.

    En se reliant aux industries locales, elle pourra prendre les bonnes décisions en matière d’infrastructures. En reproduisant le procédé avec le parc de bureaux, elle pourra développer le coworking et améliorer la consommation des services aux entreprises.

     

    Le gisement de valeur est énorme et s’applique dans d’autres domaines comme le transport, la production d’énergie ou l’économie solidaire. Le décloisonnement des données orchestré par une collectivité locale peut créer de nouvelles interactions qui sont autant de nouvelles opportunités et de leviers d’efficacité opérationnelle. 

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